Bienvenue sur le journal intime
des voix dans le silence
Je suis...
À un âge où je commence à comprendre les anciens…
Et où les plus jeunes commencent probablement à me considérer comme l'un d'entre eux.
Mais je refuse encore de vérifier.
On a tous nos limites.
J'observe le monde.
J'écoute les silences.
Et j'écris pour ceux qui lisent encore jusqu'au bout.
Si vous êtes arrivé jusqu'ici…
C'est que vous faites partie d'une espèce en voie de disparition.
Pour ma part, j'ai toujours préféré regarder les gens vivre…
Plutôt que les juger.
D'abord parce que je n'ai pas toutes les informations.
Ensuite parce que, franchement, ils sont bien plus amusants lorsqu'on les observe que lorsqu'on les condamne.
Et puis, si je commence à juger les autres…
Ils risqueraient d'avoir la mauvaise idée de faire pareil avec moi.

Je sais que...
Je ne vais pas mentir, ni me voiler la face.
Je crois savoir, au moins un peu, comment fonctionne le monde.
Enfin… je crois.
J'ai eu le temps de me faire ma propre opinion, à force d'observer les gens vivre.
J'ai voyagé.
J'ai traversé plusieurs pays.
J'y ai ressenti des émotions très différentes.
Pourtant, partout où je suis allé, une chose ne changeait jamais.
L'être humain.
Au fond, la vie repose sur quelques besoins simples.
Manger.
Avoir un toit.
Aimer.
Être aimé.
Et garder suffisamment de paix intérieure pour se lever le lendemain avec l'envie de continuer.
Le reste…
C'est nous qui l'inventons.
Dépose cinq mille euros devant ma porte tous les mois…
Et je finirai sans doute par en vouloir davantage.
Je remplirai ma maison d'objets inutiles.
Je changerai une décoration qui me plaisait encore la veille.
Je remplacerai des objets qui fonctionnent parfaitement.
J'achèterai une nouvelle paire de chaussures.
Le dernier parfum à la mode.
Le téléphone dont je n'ai absolument pas besoin.
Et tu sais ce qu'il y a de plus troublant dans tout ça ?
C'est que j'en aurai parfaitement conscience.
Je saurai que tout cela est inutile.
Et malgré tout…
J'en voudrai encore.
Je crois que c'est notre plus grande contradiction.
Nous savons souvent ce qui est essentiel.
Mais nous passons notre vie à courir après le reste.
J'ai toujours aimé observer les gens vivre.
Les jeunes.
Les adultes.
Les vieux sages aussi.
Mais ce n'est qu'aujourd'hui que je commence à comprendre la place des vieux sages.
Ils ont déjà couru après presque tout.
Et, au bout du chemin…
Ils reviennent exactement là où ils avaient commencé.
Manger.
Dormir.
Être aimé.
C'est étrange…
Les enfants naissent avec peu de besoins. Les vieux repartent avec les mêmes. Entre les deux, nous passons notre vie à croire qu'il nous manque toujours quelque chose.
Ils ne cherchent plus à posséder davantage.
Ils cherchent simplement à vivre encore un peu.
Je crois que la vieillesse n'est pas seulement le poids des années.
C'est aussi le retour à l'essentiel.
Et peut-être que la véritable richesse ressemble à cela.
Posséder moins.
Attendre moins.
Aimer davantage.
Je dis souvent que je déteste notre monde.
Mais ce n'est pas tout à fait vrai.
Ce que je déteste…
C'est notre incapacité à nous contenter de ce que nous avons déjà.
À croire que le bonheur se trouve toujours dans la prochaine acquisition, le prochain objectif ou le prochain lendemain.
Alors qu'au fond…
Il est peut-être simplement assis à notre table.
Dans une conversation.
Dans un sourire.
Dans une présence.
Je ne déteste pas le monde.
Je crois simplement que nous oublions parfois pourquoi nous sommes ici.
Et malgré toutes nos erreurs…
Je continue d'aimer profondément ceux qui l'habitent.